C'est pas facile tous les jours!
Posté : 20 juil. 2010, 17:55
Longtemps, j'ai voyagé en Morgan dans une douce insouciance, une inconscience confortable.
Je n'imaginais pas un instant qu'une panne, un incident puisse survenir.
Je n'emportais même pas d'outils, hormis ceux livrés avec la voiture, le cric, la clé et le marteau, en cas de crevaison.
Cette bourgeoise indolence a duré sept ans.
Et puis, deux incidents, en moins d'un an, sont survenus.
D'abord, à la veille d'un voyage dans le sud (encore!), lors d'une vérification bien inutile puisque tout va toujours bien, je découvre avec horreur que l'une des quatre brides de suspension (U-bolt) est cassée. L'écrou n'est plus là, et la partie filetée a disparu.
Je vous en avais parlé à l'époque. Ces brides ne cassent jamais, même avec des moteurs plus puissants que le mien.
La taupe avait suggéré que le serrage de cette bride avait été trop violent, que le métal était écroui, avec une casse comme conséquence. Il a certainement raison.
A l'époque, le garage Faidherbe m'avait dépanné avec gentillesse et célérité.
Ensuite, il y a eu la panne d'alimentation d'essence.
Une panne bête. La cosse femelle de la pompe à essence était cassée. Ça ne se voyait pas, la cosse était en place, et c'est en la saisissant pour la bidouiller et gratter le contact qu'elle m'est resté dans la main.
Et bien sûr, la lecture du forum et ses anecdotes, l'eau sale dans l'essence de pepère, le relais de pompe à essence du Canut, et bien d'autres anecdotes, me démontre que l'incident, et pour tout dire le gros emmerdement est toujours possible.
Depuis, je suis beaucoup plus attentif aux plus petites alertes, aux bruits, aux sensations, ...etc.
J'ai maintenant aussi un petit bagage d'outils, une lampe frontale, des fusibles avec leur pince, fil électrique, gaffer, cosses, et outils multi-usage ou pas.
C'est donc dans cet état d'esprit que je voyageais la semaine dernière. Tranquille, mais attentif.
J'étais déjà très loin de Paris, le soleil très haut, tout allait bien. Il faisait une chaleur à crever et je pensais au velum de Toc78.
Mes yeux se posent sur le capot. Violente décharge d'adrénaline !
Devant moi, je vois sortir du quatrième louvre...une coulure d'huile!
Rapide tour des manos, tout est normal.
Ce moteur est légèrement fuyard, surtout avec la 5W40, mais pas à ce point là.
J'avais fait la vidange avant de partir, et le temps d'arriver à la prochaine aire de repos, je fais le tour des causes possibles. Filtre mal serré? Bouchon de vidange? Durite d'huile du mano/graissage des piliers?
S'il y avait un gros soucis, l'huile sortirait sans doute de plusieurs louvres. A priori, le louvre qui fuit est juste au dessus du bouchon de remplissage d'huile.
Il me vient à l'esprit que le bouchon est peut-être parti, ou cassé, ou seulement mal serré.
Je m'arrête, je laisse le moteur en marche, je lève le capot. Rien. Tout est normal.
Je renifle la coulure d'huile d'une vingtaine de centimètres qui suit la courbure du capot. Ce n'est pas de l'huile moteur!
Aurais-je été trop généreux lors du graissage de la charnière de capots à l'huile de vaseline? Une investigation au terme de mon voyage me confortera dans cette conclusion.
J'essuie tout ça et je repars. Il y a encore de la route.
Je jette un oeil de temps en temps au louvre qui fuyait, pour voir si j'ai bien épongé ce qu'il fallait. Une coulure d'huile sur un capot de Morgan, ça fait mauvais genre.
J'avais dû faire cinquante bornes depuis le dernier levage de capot, mon oeil divague et tombe sur le quatrième louvre. Violente décharge d'adrénaline !
Un petit panache de vapeur !
La vapeur blanche, de la grosseur d'un doigt, semble sortir ponctuellement et assez violemment, monte droit sur deux centimètres et se dilue dans le vent relatif.
Rapide tour des manos, tout est normal.
Le temps d'arriver à la prochaine aire de repos, je fais le tour des causes possibles.
A l'endroit d'où sort la vapeur, il y a le calorstat, la sonde de température, un bout de durite, enfin plusieurs raisons pour que l'eau sorte à l'état gazeux si un défaut d'étanchéité lui en laisse la possibilité.
J'imagine les réparations de fortune que je pourrais faire pour préserver le moteur et mes vacances.
La température d'eau est toujours normale. La fuite ne doit pas être très importante.
L'aire de repos à 100 mètres. Je ralenti. Le petit panache de vapeur est moins agité, plus vertical.
Je m'arrête. Le petit panache de vapeur est maintenant devenu immobile. En fait, il ne ressemble plus du tout à un petit panache de vapeur.
Je m'approche, et je retire un petit truc de plante dont je ne connais pas le nom, un machin plein de poils blancs, qui s'envole au moindre souffle. Vous voyez de quoi je parle?
Le hasard a voulu que ce truc vienne se coincer dans l'angle du quatrième louvre, et se colle sur les restes d'huile de vaseline que j'avais sans doute mal essuyé.
Et je vous jure qu'en route, son apparence est celle d'un petit panache de vapeur qui sort de l'un des louvres.
Et vous? Ca va? Et la parano? Pas trop violente?
Je n'imaginais pas un instant qu'une panne, un incident puisse survenir.
Je n'emportais même pas d'outils, hormis ceux livrés avec la voiture, le cric, la clé et le marteau, en cas de crevaison.
Cette bourgeoise indolence a duré sept ans.
Et puis, deux incidents, en moins d'un an, sont survenus.
D'abord, à la veille d'un voyage dans le sud (encore!), lors d'une vérification bien inutile puisque tout va toujours bien, je découvre avec horreur que l'une des quatre brides de suspension (U-bolt) est cassée. L'écrou n'est plus là, et la partie filetée a disparu.
Je vous en avais parlé à l'époque. Ces brides ne cassent jamais, même avec des moteurs plus puissants que le mien.
La taupe avait suggéré que le serrage de cette bride avait été trop violent, que le métal était écroui, avec une casse comme conséquence. Il a certainement raison.
A l'époque, le garage Faidherbe m'avait dépanné avec gentillesse et célérité.
Ensuite, il y a eu la panne d'alimentation d'essence.
Une panne bête. La cosse femelle de la pompe à essence était cassée. Ça ne se voyait pas, la cosse était en place, et c'est en la saisissant pour la bidouiller et gratter le contact qu'elle m'est resté dans la main.
Et bien sûr, la lecture du forum et ses anecdotes, l'eau sale dans l'essence de pepère, le relais de pompe à essence du Canut, et bien d'autres anecdotes, me démontre que l'incident, et pour tout dire le gros emmerdement est toujours possible.
Depuis, je suis beaucoup plus attentif aux plus petites alertes, aux bruits, aux sensations, ...etc.
J'ai maintenant aussi un petit bagage d'outils, une lampe frontale, des fusibles avec leur pince, fil électrique, gaffer, cosses, et outils multi-usage ou pas.
C'est donc dans cet état d'esprit que je voyageais la semaine dernière. Tranquille, mais attentif.
J'étais déjà très loin de Paris, le soleil très haut, tout allait bien. Il faisait une chaleur à crever et je pensais au velum de Toc78.
Mes yeux se posent sur le capot. Violente décharge d'adrénaline !
Devant moi, je vois sortir du quatrième louvre...une coulure d'huile!
Rapide tour des manos, tout est normal.
Ce moteur est légèrement fuyard, surtout avec la 5W40, mais pas à ce point là.
J'avais fait la vidange avant de partir, et le temps d'arriver à la prochaine aire de repos, je fais le tour des causes possibles. Filtre mal serré? Bouchon de vidange? Durite d'huile du mano/graissage des piliers?
S'il y avait un gros soucis, l'huile sortirait sans doute de plusieurs louvres. A priori, le louvre qui fuit est juste au dessus du bouchon de remplissage d'huile.
Il me vient à l'esprit que le bouchon est peut-être parti, ou cassé, ou seulement mal serré.
Je m'arrête, je laisse le moteur en marche, je lève le capot. Rien. Tout est normal.
Je renifle la coulure d'huile d'une vingtaine de centimètres qui suit la courbure du capot. Ce n'est pas de l'huile moteur!
Aurais-je été trop généreux lors du graissage de la charnière de capots à l'huile de vaseline? Une investigation au terme de mon voyage me confortera dans cette conclusion.
J'essuie tout ça et je repars. Il y a encore de la route.
Je jette un oeil de temps en temps au louvre qui fuyait, pour voir si j'ai bien épongé ce qu'il fallait. Une coulure d'huile sur un capot de Morgan, ça fait mauvais genre.
J'avais dû faire cinquante bornes depuis le dernier levage de capot, mon oeil divague et tombe sur le quatrième louvre. Violente décharge d'adrénaline !
Un petit panache de vapeur !
La vapeur blanche, de la grosseur d'un doigt, semble sortir ponctuellement et assez violemment, monte droit sur deux centimètres et se dilue dans le vent relatif.
Rapide tour des manos, tout est normal.
Le temps d'arriver à la prochaine aire de repos, je fais le tour des causes possibles.
A l'endroit d'où sort la vapeur, il y a le calorstat, la sonde de température, un bout de durite, enfin plusieurs raisons pour que l'eau sorte à l'état gazeux si un défaut d'étanchéité lui en laisse la possibilité.
J'imagine les réparations de fortune que je pourrais faire pour préserver le moteur et mes vacances.
La température d'eau est toujours normale. La fuite ne doit pas être très importante.
L'aire de repos à 100 mètres. Je ralenti. Le petit panache de vapeur est moins agité, plus vertical.
Je m'arrête. Le petit panache de vapeur est maintenant devenu immobile. En fait, il ne ressemble plus du tout à un petit panache de vapeur.
Je m'approche, et je retire un petit truc de plante dont je ne connais pas le nom, un machin plein de poils blancs, qui s'envole au moindre souffle. Vous voyez de quoi je parle?
Le hasard a voulu que ce truc vienne se coincer dans l'angle du quatrième louvre, et se colle sur les restes d'huile de vaseline que j'avais sans doute mal essuyé.
Et je vous jure qu'en route, son apparence est celle d'un petit panache de vapeur qui sort de l'un des louvres.
Et vous? Ca va? Et la parano? Pas trop violente?