La Taupe a écrit :... la 1200S.... Avec un moulin aussi bien affuté, ça devait être bien amusant à conduire. Tu devais pouvoir gratter pas mal d'engins dont le conducteur ne devait toujours comprendre ce qui lui arrivait.
En fait, le gain de puissance ne devait pas être énorme. Il manquait entre autre un bel AAC et une paire de Weber pour atteindre les 120/130 ch d'une prépa compétition, sans parler des 160 ch qu'on pouvait sortir de ce petit 1300 culbuté en y installant une injection (pour les Groupe4 ?? (je ne me souviens plus, c'est très loin)).
Mais l'agrément était bien là. Sans doute un peu plus de puissance, un peu plus de couple, et surtout un moteur qui tournait très rond et qui ne demandait qu'à prendre des tours. Le bas-moteur Simca était très solide, et avec les divers allègements et équilibrages (volant, bielles, poussoirs, culbuteur, etc) les vitesses de rotation atteintes sans casse étaient incroyables.
La Taupe a écrit :L'Impala avait l'avantage d'être un peu plus sobre que ses congénaires,..
Oui, tu as raison, c'était l'une des raisons qui m'a permis d'utiliser cette voiture quotidiennement pendant plusieurs années. Moins de 12l/100.
Une autre raison était l'entretien pratiquement nul. De l'huile et de l'essence, c'est tout.
Ah si ! ...un tube d'échappement. C'est à cette occasion que j'ai appris qu'un trou de 1mm ou 2 percé juste avant le coude du tube (qui contournait le train AR par le dessus) pouvait prolonger énormément sa vie (la condensation s'évacue et ne stagne pas).
La Taupe a écrit :Alors, ça a été une Cad ou une Lincoln? Tant qu'à faire dans le bac à moules, une Lincoln ne me deplairait pas.
Ben oui, moi aussi. Je visais le cabriolet Lincoln Continental 1962 (4 portes !!), avec son incroyable système de capote qui allait se loger dans le coffre qui s'ouvrait à l'envers, ses suicide-doors à l'arrière,..etc.
Il y avait aussi un petit détail qui me ravissait. Les vitres latérales étaient bombées, et comme je vous le disais les portes arrières s'ouvraient à l'envers. On ouvrait donc les deux portes latérales comme ont ouvre une armoire. Mais avec des vitres bombées (sans encadrement) il est impossible d'ouvrir une porte sans accrocher violemment la vitre de l'autre. C'est là qu'intervient le petit détail qui tue: en enfonçant le poussoir d'une poignée de porte, la vitre avant descend de 5 cm et ne fait plus obstacle à l'ouverture. On s'installe dans la voiture, on ferme la porte, et la vitre remonte. C'est pas la classe, ça ?!
Oui mais bon, ça c'était le rêve. Il y avait plusieurs obstacles.
S'il y avait beaucoup (tout est relatif) de Chevrolet et de Cadillac, les Lincoln était rares en France, et je n'en voyais pas en vente, ou alors totalement hors-budget.
L'autre obstacle était l'époque, les années 80, dont les amateurs de voitures (et d'art, et de montres, et d'immobilier, et de tout le reste), se souviennent avec effroi. Les prix montaient plus vite que le lait sur le gaz. C'était l'époque ou on commandait une Ferrari et ou on revendait le bon de commande avec une marge indécente. Les voitures anciennes, ou exceptionnelles, doublaient de prix tous les mois.
Et les Cadillac n'y faisaient pas exception.
Quand je trouvais un beau cabriolet 1956, ou un 1959, le temps de réunir les picaillons nécessaires, et le prix montait.
Je commençais à me lasser et à comprendre que ma quête était vouée à l'échec. Je regardais les annonces plus distraitement, en élargissant mes choix, et en réduisant mes prétentions.
Ah tiens!, une Edsel 1958 ! C'est marrant, ça, une Edsel 58! C'est rare et l'historique est interressant. Le gars dit: "parfait état".
Je vais voir cette Edsel, garée dans une grange, mais la déception est grande. Elle est dans un état lamentable, bricolée de partout, elle sent le moisi, enfin bon, j'en veux pas.
A coté de l'Edsel, il y un énorme coupé Cadillac Eldorado 1970, pas neuf, mais tout à fait présentable.
- Et la Cadillac, vous la vendez?
- non
- mais si vous la vendiez, ce serait combien?
- 40.000 (francs)
- ...mouais...pfff...je vous en donne 15.000 (c'est tout ce que j'avais)...
- ah non, c'est hors de question...Le gars est à peine plus vieux que moi. Son père est derrière nous, silencieux, pendant que je fais le tour des bagnoles.
le fils:
"ah non, c'est hors de question..."le père:
"Si si, pour 15.000, il l'embarque!"
Me voila propriétaire d'une monstrueuse Cadillac Eldorado 1970, 500 ci (8,2L), 400 cv, traction avant !
Encore une fois, je n'ai pas de photos, mais voila le modèle:


La mienne était d'une sorte de gris/bronze.
J'ai beaucoup moins utilisé cette voiture que l'Impala. C'était un peu un autre monde. C'était moins rigolo que le cabriolet.
Les chiffres impressionnants, et séduisants, que je vous exposais plus haut, se retrouvaient à la pompe. Le temps de faire un plein, quatre autres voitures avaient le temps de faire le leur. C'était quoi? 18 ou 20L/100? Plus?
Et mon boulot commençait à me prendre beaucoup (tout) mon temps. L'époque bénie de l'insouciance touchait à sa fin.
J'ai fait quelques travaux, changé les pneus pour des vrais pneus américains à flancs blancs, rebranché la forêt de fils, de tuyaux et de durites diverses (que l'ancien proprio n'avait pu s'empêcher de bricoler), pour que la clim et plein d'automatismes re-fonctionnent.
J'ai roulé avec une année, puis je l'ai revendue...assez correctement.
A cette époque j'avais aussi une Fiat 126. J'aimais beaucoup voir les deux voitures garées côte à côte dans le parking. L'effet était saisissant.