Messagepar BJHUIT » 22 juin 2010, 09:33
Mai 1968, agitation estudiantine et sociale, enfin pas pour tout le monde. Moi je rentre du boulot et inconsciemment avec ma MG je passe par le boulevard st germain. Au carrefour avec le boulevard st Michel , en voyant ce qui se passe, j’en cale d’émotion en plein milieu. A tribord à une centaine de mètres sur le boul’mich quelques milliers de chevelus excités, à bâbord , des compagnies de CRS avec boucliers et matraques à la main. Et moi au milieu . Émotion donc, mêlée peut être d’un soupçon d’inquiétude, voire de trouille. La raison de mon état d’âme, ma MG refuse obstinément de repartir.. Et là vraiment ce n’est pas le moment. Les vindicatifs se rapprochent dangereusement , ça sent le lynchage en règle. Tout en maudissant Morris garage, Lucas , Skinner’s union et l’ensemble des sujets de sa gracieuse majesté, je prie ardemment St Michel le patron des parachutistes pour qu’il envoie fissa le 2eme REP à mon secours, après tout je suis coincé sur son boulevard, donc j’estime à juste titre que c’est son problème. Je suis exaucé mais c’est poussé par 5 flics de très mauvaise humeur que la traversée du boulevard s’effectue. Ca commence à castagner pas mal autour du carrefour et les flics sont de plus en plus nerveux. Ils n’ont pas apprécié mon arrêt à l’insu de mon plein gré au milieu du champ de bataille et mes explications vaseuses sur les aléas de la mécanique anglaise n’ont pas l’air de les convaincre plus que ça et je me retrouve direct dans le car de police ou quelques hirsutes séjournent déjà et me considèrent illico comme un des leurs, ce qui n’arrange pas mes affaires vis à vis des pandores. Considéré pars les uns comme un héroïque rebelle, et par les autres comme un trublion nuisible je ne sens pas trop l‘affaire. Conclusion; nuit au poste, vérifications laborieuses des identités, clamage d’innocence, promesse de ne plus jamais rouler en anglaise etc…Je récupère ma caisse le lendemain et … elle démarre du premier coup, ben voyons. Comme à l’époque je bosse à Air Chance, qu’ils se sont mis en grève et que j’en ai raz le bol de ce bordel, je taille la route direction Quiberon avec des potes (photo), puis direct côte d’azur. Contrairement à Paris , les stations services sont ouvertes partout et on peut refueler sans problème.
A Juan les pins tout le monde se fout royalement de mai 68 et c’est là que j‘ai décidé d‘attendre la fin des hostilités. Whisky à Gogo , Jazz, soleil, voile…Finalement ,bien bien mai 68.